Les directeurs d’hôpital ont le soutien du ministre de la santé
Dans une lettre en date du 30 juin adressée aux organisations syndicales représentatives du corps des directeurs d’hôpital, Madame Roselyne Bachelot en sa qualité de ministre de la santé transmet aux directeurs d’hôpital un « amical message de soutien ». Elle leur manifeste sa « confiance » et toute sa « reconnaissance » pour leur « engagement au service de l’hôpital ». Ces paroles ont de quoi revigorer une profession que l’on dit à plus d’un titre moribonde. Mais la question est de savoir si le corps des directeurs d’hôpital a encore un avenir devant lui.
D’aucuns n’hésitent pas à ruer dans les brancards hospitaliers en accusant de manière éhontée le corps des directeurs d’hôpital d’endogamie[1] (étant sous-entendu que ce sont eux la cause de la situation sclérosée des hôpitaux publics, de leur déficit, de leur difficulté à se restructurer) et réclament, comme un étendard, l’entrée massive dans le corps de personnes formées dans le privé. Soyons clair, il y a des bons et de mauvais directeurs d’hôpitaux comme il y a de bons et de mauvais PDG dans le privé. Et dans les deux cas, ce ne sont pas toujours les meilleurs qui sont les mieux récompensés. Mais est-ce une raison pour jeter en pâture à la vindicte populaire une profession qui ne souhaite qu’être à la hauteur des ambitions que l’on a formées pour elle pourvu que l’on lui en donne les moyens.
D’autres attendent malicieusement que cette catégorie professionnelle, dont malheureusement pour elle sa principale caractéristique est d’être asymptote à d’autres carrières, d’autres formations plus prestigieuses comme celle de magistrat, ou d’énarque, ne s’effondre sur elle-même suite au choc du papy-boom qu’elle connaît comme toute profession.
La lettre du ministre de la santé fait sans nul doute écho à diverses manifestations de mécontentement et d’inquiétudes de la part des directeurs d’hôpitaux[2] mais aussi à des informations que certains proches, comme le sénateur honoraire Charles Descours, ont pu lui faire remonter après avoir ressenti au contact de directeurs d’hôpital qui n’ont rien de révolutionnaires une certaine tension dans le vécu des directeurs d’hôpitaux qu’ils côtoient.
Sur le fond cette lettre ne fait que confirmer ce chacun sait dans la profession, la réforme en cours intitulée Loi « Patients, santé, territoires » sera présentait à l’automne. Mais dans le petit landernau des parlementaires bruissent des inquiétudes sur un calendrier législatif particulièrement lourd[3].
Lorsque j’étais en formation à l’école de Rennes courraient des blagues sous forme d’auto dérision sur le manque de reconnaissance du corps des directeurs d’hôpital : tantôt c’était « voilà les directeurs d’hôpital qui défilent dans la rue, ils ne font pas trois rangs … ! » ou alors « vous savez où se réunissent les directeurs d’hôpitaux pour se concerter ? Dans une cabine téléphonique » Vous me direz, et à juste titre, « ce n’est pas le rue qui gouverne » et « les cabines téléphoniques se font rares avec le portable ». Voilà peut-être tout le drame d’une profession inconnue, c’est d’être en retard sur son temps.
Alors, pour ceux qui sont de la « jeune » génération, j’appelle à réagir … on laisse entendre à demi mots que dans quelques années, le nombre de directeurs d’hôpital aura été divisé par … combien ? Deux, quatre, dix, vingt ? Je dirai de manière cynique « peu importe » du moment que l’on nous donne une feuille de route claire, et précise et les moyens de la respecter.
[1] Je recommande à ce sujet la lecture d’un billet paru en novembre 2006 sur le fameux (fumeux ?) think tanks iFRAP (en savoir plus sur l’iFRAP) sous le titre « L’endogamie des directeurs d’hôpitaux »
[2] A ce sujet voir la lettre des différentes organisations syndicales, de la Fédération Hospitalière de France, de la conférence des Directeurs Généraux de Centre Hospitaliers Universitaires, Conférence Nationale des Directeurs de Centre Hospitaliers en cliquant ici. Vous pourrez également lire ci-après la réaction du Syncass évoquant cette problématique des moyens en cliquant ici
[3] Il n’est pas toujours utile d’exiger quand l’essentiel est de faire et comme disait ma grand-mère « il faut du temps pour que la pâte monte », tout cuisinier sait cela !

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